Convoi militaire à Beni : les voyageurs bloqués à Oicha pendant deux semaines vivent un calvaire

Convoi militairisé FARDC beni Oicha chauffeur

Des camions en attentes du convoie militaire sur la route de la commune rurale d'Oicha, territoire de Beni. Décembre 2021. ©Congo Uni/Denise Kyalwahi

Les pratiquants du tronçon routier Bunia-Oicha s’indignent de la situation sécuritaire qui persiste à Oicha. Le convoi militarisé qui tarde ne permet pas à arriver à leur destination à temps voulu. Les commerçants des produits alimentaires enregistrent d’énormes pertes et réclament l’évacuation à temps.

Joël est conducteur de voiture et trafique sur la route Bunia-Oicha. Il explique les difficultés auxquelles ils sont confrontés. « Je viens de faire 3 semaines ici, nous formons dans des mauvaises conditions. A côtés de nous il y a même des mamans avec des petits enfants qui passent nuit à même le sol. Cette situation nous inquiète, on fait passé un convoi de quelques voitures et on nous arrête ici nous qui avons des gros camions. Maintenant nous ne savons plus comment faire vivre nos familles pendant que nous sommes bloqués sur la route ».

A côté de ces chauffeurs, les passagers peinent à vivre dans ces conditions de voyage. Ils manquent à quel ange se vouer. Les difficultés sont devenues énormes au point que certaines mamans commencent à travailler dans des restaurants en échange de la nourriture qu’elles vont manger. José vient Bukavu au Sud-Kivu et va à Bunia en Ituri. Elle est inquiéte de la situation de vie de sa famille qui l’attend à Bunia.

Depuis que j’ai commencé à voyager aujourd’hui c’est ma toute première fois de réaliser 4 semaines sur la route encore avec des enfants. A Goma j’ai été dans un convoi et nous avons quitté le lendemain dans un bus mais ici maintenant je ne comprends pas pourquoi on libère d’autres véhicules et nous on nous arrête. J’ai une famille qui m’attend à Bunia je ne sais pas comment ils vivent là bas. Nous passons nuit sous une bâche, c’est grâce aux mamans qui préparent de la nourriture dans des restaurants que nous trouvons quelques choses à donner à nos enfants. Je dois puiser de l’eau pour cette de restaurant pourvue que je trouve à mettre sous la dent. C’est déplorable cette vie. Tout le jour on nous promet un passage libre, mais rien n’est fait jusqu’à présent. »

 De son côté madame José supplie les autorités administratives de remettre le calme sur le tronçon routier Oicha – Bunia pour qu’elles rejoignent leurs familles à temps.

Par ailleurs Kasoki qui passe nuit dans le restaurant appelle à la responsabilité des autorités qui détiennent le mot d’ordre pour du Convoi. « Les autorités impliqué dans ce système de rapatriement peuvent nous aider à évacuer cet endroit qui nous exposé aux différents dangers. Tout ce que j’avais comme moyen financier n’existe plus je ne sais plus comment faire et tout mon argent de transport je viens d’en finir sur la route. Je ne vais pas mourir de faim sur la route pendant que j’ai mon champ et autres activités pouvant m’aider de survivre. Il faut que la paix revienne pour que nous puissions vaquer à nos occupations sans difficultés », ajoute-t-elle.

Mr KAPITULA est chauffeur depuis 20 ans sur le tronçon Kisangani-Butembo. Il se plein de la situation que rencontre les chauffeurs sur la route. « Je viens de passer deux nuit sans manger. Je suis convoyeur, je viens de payer ici à la barrière d’Oicha 150 USD. Et à LUNA je vais payer 450 USD. Or je transporte 10 tonnes d’haricot. L’Etat de notre pays ne nous permet pas de bien vivre. Il ya exagération des barrières nous payons partout de taxe. Je n’ai plus d’argent je demande au patron de m’envoyer de l’argent, il me dit que rien n’est plus dans la caisse. Au finish je vais vendre la marchandise que je transporte pour avoir de l’argent à payer à d’autres barrière. Avec tout le risque de la péremption de nos articles alimentaires. Le système de convoi en soit n’est pas mauvais, sauf on choisit les véhicules qui doivent partir sans tenir compte de l’heure d’arrivée de chacun de nous. Ça découragé ».

Sur cette route toute catégorie des chauffeurs est représenté, des anciens tout comme des nouveaux. Ceux qui sont habitués à la situation sont patients et comprennent que la vie change, les nouveaux pensent peut-être augmenter le prix de transport par rapport aux différentes dépenses effectuées sur la route et aux difficultés rencontrées. Cette pratique semble décourager certains. Comme le témoignage KAPITULA « J’ai commencé à conduire sur la route Kisangani depuis 2000 aujourd’hui j’ai 20ans, je viens de vieillir dans ce métier. Aujourd’hui je ne peux pas investir dans cette carrière. Nous laissons tout en route en payant des taxes qui n’ont pas des soubassements. Parmi nous il ya des jeunes chauffeurs qui par manque de connaissance sur cette route ne parviennent pas à réaliser deux ou trois voyages car ils tombent en faillite à cause des différents taxes et tracasseries. Nous laissons seulement de l’argent sans savoir sa destination. Ce qui nous étonne est que le 100$ que nous payons à la péage route n’entrent pas au compte de fonction publique. Les routes sont remplies des nids d’oiseaux, des gros véhicules sont bloqués et embourbé sur la route. Personne ne pense à son entretien. Nos gouvernants ne contrôlent pas les gens qui mettent leurs barrières sur la route et cet argent devait être canalisé pour permettre un bon fonctionnement du trésor Public. Nous supplions à notre gouvernement de passer au contrôle et à l’enregistrement de ses agents percepteurs de l’argent sur nos routes. Il y a beaucoup d’argent qui entre dans les poches des particuliers que d’entré au trésor public. Aussi de nous donner des taxes valables qu’on nous fasse payer quelque chose de vrai ».

« Les chauffeurs souffrent tellement sur nos routes de Goma à Kisangani leurs vie est tellement en danger », insiste t’il.

L’un de responsable de l’association des chauffeurs chauffeurs voulant gardé l’anonymat, a déclaré que « nous avons perdu beaucoup de notre malgré le Convoi, il serait mieux qu’on laisse la voie libre entre nous chauffeurs nous pouvons aussi nous sécuriser. Depuis que le convoi est là on enregistre plusieurs incendies et disparition des chauffeurs. Pourquoi ne pas mettre fin à ces genres de tueries ? C’est le commerçant qui perd toujours. Et comment il va payer des taxes ou l’impôt après avoir perdu, à mon avis cette multiplicité de taxe est un manque à gagner pour le trésor Public » s’exclame t’il.

Signalons que la barrière de la frontière territoriale qui était érigé à Eringeti vient d’être déplacée à Oicha, un endroit qui semble plus sécurisé.

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